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LA VIE EN ROSE

Avril à mai 2007

Par un bel après midi d’avril, mon mari me réveille pendant ma sieste :

SA-CRI-LE-GE !!!

L’esprit embrumé, je capte qu’il me parle de carlin. Je lui prends le combiné des mains et lance un oui à l’interlocuteur. « Bonjour, je suis David Comte. Vous m’avez laissé un message sur mon livre d’or » n’obtenant aucune réponse il poursuit en me donnant son affixe : COK N ROLL. J’ai tout de suite pardonné d’avoir été tirée de ma sieste salvatrice. Vous pensez COCK N ROLL !!!! je connaissais pour suivre l’évolution de ses deux carlins importés d’Angleterre de l’élevage EASTONITE ayant gagné plusieurs fois à la Mecque du chien, la CRUFT. Enfin réveillée, je devais pourtant replonger dans un rêve que j’ai d’abord pris pour un délire. Monsieur Comte m’a longuement parlé d’EASTONITE RONALD allias Barney et d’EASTONITE DESERT ROSE allias Bridget, d’Amanda Ellis, de sa passion pour les carlins et les cockers, puis de la situation. Tout aussi longuement, je lui ai raconté mes filles, ma façon de concevoir l’élevage. A la fin de l’entretien monsieur Comte me disait qu’il devait se séparer de ses carlins et qu’il envisageait de me les confier qu’il fallait que j’y réfléchisse. On venait de couper la chique à une bavarde !!! Avais-je abusé du soleil printanier, étais-je endormie dans un rêve carlinesque, où était la caméra cachée, qui me faisait ce canular ? Pourtant j’étais bien là, au soleil, seule, dans la cour, déboussolée me disant ce n’est pas possible, c’est trop beau ! Vite ! Se connecter, les voir et revoir et revoir encore, surtout ne pas espérer, c’était trop beau, ils sont trop beaux, il va trouver une solution et poursuivre ce qu’il a si bien commencé. Le second appel m’a permis d’y croire, le mail dans lequel Monsieur Comte m’envoyait les pedigrees et photos m’a fait toucher le sublime anglais. Mais comment traduire ce sentiment ambivalent, pour que je reçoive il fallait qu’un autre perde et à mon bonheur se mêlait la conscience de la douleur de David.Date au combien historique, le 08 mai, Jean-Luc et moi partions à la rencontre de Barney, Bridget et David à l’autre bout de la France. Magnifique, splendide, molosse au possible c’est Barney. Interrogative, gironde, espiègle, féminine, courte au possible c’est Bridget. De joyeux lurons aux sublimes oreilles, aux rides bien tracées, expansifs, expressifs et généreux comme tout jeune carlin. « Vous plaisent ils ? » me demandait David. OUI, OUI, OUI et des millions de fois OUI. Nous avons longuement parlé cette fois ci encore, nous en avions besoin l’un et l’autre. Et puis il a fallut partir. Nous avions la gorge serrée, les yeux rouges, David pouvait être fier d’avoir parfaitement assuré une situation complexe et je recevais un formidable cadeau.

Barney et Bridget ont rejoint Dreamlander. Angie, Tatou et Titi les y ont accueilli comme savent si bien le faire les carlins, avec naturel comme si un frère revenait à la maison offrant léchouilles, se coursant à n’en plus finir et en partageant leur couche. Mes enfants sont ravis, les superlatifs d’adolescents pleuvent. Jean-Luc adore Barney et ses postures de mâle. Quant à moi, ma nouvelle Rose sur les genoux, j’ai encore du mal à réaliser qu’elle est réellement mienne et que Barney est en copropriété avec Amanda ELLIS éleveuse anglaise expérimentée. 

   Dans notre monde si imparfait, dans le bonheur ou la peine, j’ai toujours voulu croire que la magie n’était pas un conte. La vie me l’a encore prouvé. A moi maintenant de faire mes preuves sans jamais oublier ce que je dois et à qui. D’abord à Florence, Maryse et Julie, aujourd’hui à David et à Amanda, MERCI. 

   

   

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